C'est comment, l'ambiance actuellement dans l'abattoir ?

Les gens sont très angoissés. C'est normal. On n'a aucune réponse. Les gens veulent continuer à travailler. Ils savent que si on ne travaille plus, c'est la mort assurée.

Il y a combien de salariés actuellement ?

335. On était 700 ou 800 dans les années 1980, pour abattre 300 000 poulets par jour. L'outil a été modernisé, robotisé, adapté aux salariés. On allait encore investir 4 ou 5 millions.

L'entreprise est endettée...

Ecomiam a emprunté 3,6 millions d'€ à Tilly-Sabco, via la holding S2A. L'objectif d'Ecomiam était d'ouvrir 150 magasins, pour pouvoir redémarrer un atelier de découpe. Mais il y a seulement 10 magasins. Ils marchent tous bien et sont en Bretagne. Il nous fallait 4 millions pour survivre. On les a eus via la fiducie. Et on a trois mois pour trouver un repreneur, jusqu'à fin juin.

Vous pensez qu'un repreneur peut être trouvé ?

Il ne reprendra pas la boîte avec ses dettes. Il faudra passer parun dépôt de bilan.

Que pensez-vous de Daniel Sauvaget ?

Depuis qu'il a repris l'entreprise, c'est un bon patron. Avant, quand il était directeur de la branche volaille d'Unicopa, je me suis souvent accroché avec lui.

Vous êtes toujours approvisionné ?

Nutréa, qui est notre unique fournisseur de poussins, nous met la pression, en assurant que si nous ne retrouvons pas de perspectives d'avenir, ils vont arrêter les mises en place. On a les marchés en face, pour nos poulets export, congelés en caisses de 10 kg.

Il y a aussi la saucisse de poulet.

Oui, c'est un investissement ultramoderne, et environ 10 % de notre activité. On achète les carcasses de poulet fraîches à d'autres entreprises, puisque nous ne faisons plus de découpe depuis 2006. Le poulet, c'est comme le cochon : tout est consommable, y compris la viande qui reste accrochée aux carcasses. Nos saucisses, on les vendait en Afrique, sans avoir jamais eu de restitutions européennes. Ça marchait bien, on faisait de l'argent. Mais des clients profitent de nos difficultés et ne veulent plus nous payer.

Combien de poulets sont abattus actuellement ?

210 000 par jour. Mais sur trois jours, parfois seulement deux jours. On fait 600 000 poulets par semaine, avec une équipe du matin et une de l'après-midi. En septembre 2013, avant les problèmes, on abattait 1 600 000 poulets par semaine, avec aussi une équipe de nuit. À cette époque, les gens étaient heureux de travailler. Les conditions de travail s'étaient largement améliorées. C'est l'arrêt des restitutions qui a tout mis par terre. On nous a explosé en plein vol.

C'était annoncé, pourtant, la fin des restitutions...

Ce que nous demandons, c'est de payer notre poulet aux éleveurs au prix du Brésil. Que ce soient les éleveurs qui touchent les restitutions.

Que va-t-il arriver dans les prochaines semaines ?

Je ne sais pas. Mais j'ai une tente et un duvet dans ma voiture...


Accrocher un poulet toutes les trois secondes


« Mon poste, c'est accrocheur de poulets. Ils arrivent vivants, dans des conteneurs. Il y a deux chaînes, avec chacune 7 accrocheurs. Chaque chaîne fait 8 400 poulets à l'heure, soit 1 200 poulets à l'heure par personne, ou 20 poulets chaque minute par personne. On fait moins de gestes qu'avant, tout est à hauteur. Les poulets ne se débattent plus, il y a un aspirateur à poussière, et on travaille dans une lumière bleue pour éviter le stress animal.

Le travail est beaucoup moins pénible qu'auparavant. Et puis on travaille 7 h par jour, maximum. Dans les années 1980, il fallait finir la journée. Quand il y avait eu des pannes le matin, on pouvait travailler parfois 12 h ou 14 h.

Toute notre production est halal. Le poulet qui a été accroché est d'abord hydrocuté, il passe dans une eau électrique. Il est alors simplement étourdi. Ensuite il est saigné. C'est une machine qui saigne, et un musulman est là pour surveiller. Si un poulet n'est pas correctement passé dans la lame, c'est lui, le saigneur, qui le fait. »

Anne KIESEL.
Source Ouest France

This is how the current atmosphere in the slaughterhouse?
People are very anxious. This is normal. There was no response. People want to continue working. They know that if they no longer work, it is certain death.

There are how many employees currently?
335. They were 700 or 800 in the 1980s to kill 300,000 chickens per day. The tool has been modernized robot suitable for employees. We would still invest 4 or 5 million.

The company is debt ...
ECOMIAM borrowed 3.6 million € to Tilly-Sabco, through the holding S2A. The goal of ECOMIAM was open 150 stores in order to restart a cutting. But there are only 10 stores. They work well and are all in Britain. We had 4 million to survive. We got them through the trust. And has three months to find a buyer until late June.

You think a buyer can be found?
It will not resume the box with its debts. It will go Parun bankruptcy.

What do you think of Daniel Sauvaget?
Since he took over the company, it is a good boss. Before, when he was director of the Unicopa poultry industry, I often hung out with him.

You are always available?
Nutréa, which is our sole supplier of chicks, we put pressure, ensuring that if we do not find in future, they will stop in place. Markets were in front for our export chickens, frozen in boxes of 10 kg.

There is also the chicken sausage.
Yes, it's an ultramodern investment, and about 10% of our business. Fresh chicken carcasses to other companies we buy, since we no longer cutting since 2006 The chicken is like the pig. Everything is edible, including meat that remains attached to the carcasses. Our sausages, they were sold in Africa, without ever having European refunds. It worked well, it was money. But customers benefit from our difficulties and do not want to pay us.

How many chickens are slaughtered now?
210,000 per day. But in three days, sometimes only two days. It is 600,000 chickens per week, with a morning shift and the afternoon. In September 2013, before the problems were slaughtered 1.6 million chickens per week, as a night shift. At that time, people were happy to work. Working conditions had greatly improved. It is the judgment of refunds put everything down. It exploded in midair us.

It was announced, however, the end of refunds ...
What we are asking is to pay our chicken breeders price of Brazil. Whether it is the farmers who receive refunds.

What will happen in the coming weeks?
I do not know. But I have a tent and a sleeping bag in my car ...

Hang a chicken every three seconds

"My job is catching chickens. They come alive in containers. There are two channels, each with 7 catchy. Each string 8,400 chickens per hour, or 1,200 chickens per hour per person, or 20 chickens per minute per person. We made ??fewer gestures than before, everything is up. Chickens are struggling more, there is a vacuum cleaner, and working in a blue light to avoid animal stress.

The work is much less painful than before. And then 7 h working day, maximum. In the 1980s, he had to finish the day. When there had been failures in the morning, we could work sometimes 12 h or 14 h.

All our production is halal. The chicken was hooked is first stun it passes through an electric water. It is then simply stunned. Then he bled. It is a machine that bleeds, and a Muslim is to monitor. If a chicken is not properly passed through the blade, this is it, the tapper, who does. "

Anne KIESEL.
Source West France